2020 / Laboratoire : jouer

Manufacture
Haute école des arts de la scène. Lausanne
Atelier-Sonde
n°8

11,12 et 13 juin 2020

Sonde coordonnée par Anne Pellois
Maîtresse de Conférence en études théâtrale. ENS Lyon

Participant(e)s
Anne Boissière. Philosophe. Centre d’étude des Arts Contemporains. Lille 3
Loic Touzé : Danseur et chorégraphe. Cie Oro.
Bruno Meyssat : Metteur en scène. Théâtres du Shaman.
Claire Bésuelle : Danseuse. Centre d’étude des Arts Contemporains. Lille 3
Oscar Gomez Mata: Metteur en scène. Cie Alakran.
Valeria Bertolotto : Actrice et pédagogue
Pierre-Stéphane Meugé : Saxophoniste. Klangforum Vienne. 2E2M Paris. Haute Ecole de Musique de Lausanne.

Exposer les principes d’élaboration des spectacles en s’efforçant de décrire les protocoles d’improvisation utilisés en répétition. A cette occasion préciser les ressources recueillies de la fréquentation assidue et de longue date des textes de Donald Winnicott.

On peut dire qu’au Théâtres du Shaman on n’imagine pas un spectacle, on le trouve.

Les répétition organisent des situations qui permettent l’apparition de contenus (des actions, des idées, des connections) qu’il convient de repérer, de recueillir voire de nommer. Cela se passe en improvisation par l’intermédiaire et le secours des objets. Comment les objets portent toujours cette ambivalence entre réalité partagée et monde interne. Comment ils perpétuent cette aire intermédiaire inaugurée lors de notre prime enfance, celle qui nous a introduit à « jouer ».

On peut considérer notre  activité en répétition comme une série de squiggles emboités infiniment. Cette occasion de surgissement s’opérant entre le metteur en scène et les acteurs, entre les acteurs entre eux, entre les mots et les acteurs, les mots et les objets vus par les acteurs, les action set les sons…..

Ces occasions se succèdent et leurs variations permettent de capter, d’extraire les états de nos songes subliminaux quant au sujet du spectacle mis en chantier. On accepte à cette étape que le sujet soit le représentant, l’homologue de certaines de nos réalités intimes qui surgissent de façon soudaine à sa rencontre.

(Le « sujet » ayant été partagé lors des lectures et d’une patiente approche dramaturgique collégiale.)

Comment s’organise l’espace au fur à mesure du travail, tel le dépôt à l’extérieur de nous de préoccupations internes. Celles-ci saisissent ces occasions pour se déposer, trouver un lieu afin d’être modifiées. Le besoin de modification de contenus internes étant moteur lors des répétitions, il éclaire aussi l’activité finale du spectateur.

D’autres situations décrites par Winnicott seront évoquées qui mettent en perspective et document le travail au plateau (holding, capacité d’être seul, cadres et protocoles précis, agressivité…).

Elles ont alimentés la création d’exercices destinés aux acteurs et aux danseurs. Les contenus des initiations au tir proposées par l’entraineur Yves Delnord sont venus ressourcer cette pédagogie (plus particulièrement au sujet des processus d’apprentissage et de mémorisation).