2008 / Forces

d’après August Stramm

Diffusion

Créé le 22 janvier 2008 à la MC2 – Grenoble

En tournée au Théâtre de Vénissieux – TNP,
à l’Espace Malraux – Chambéry,
au Théâtre Garonne – Toulouse
et au Théâtre National de la Colline – Paris.

Distribution

Conception et réalisation : Bruno Meyssat

Avec : Gaël Baron, Elisabeth Doll, Elisabeth Moreau, Arnaud Stéphan, Jean-Christophe Vermot-Gauchy

Lumière : Franck Besson
Univers sonore : Patrick Portella et Alain Lamarche
Scénographie : Pierre-Yves Boutrand, Thierry Varenne et Bruno Meyssat
Costumes : Gisèle Madelaine

Un spectacle Théâtres de Shaman en coproduction avec la MC2 – Grenoble et l’Espace Malraux – Chambéry, et la participation du TNB – Rennes.

Présentation

Ce spectacle est composé de deux parties :
Forces une pièce écrite en 1915 par August Stramm et La Cime des arbres une création visuelle.

Nous avons souhaité construire une représentation qui progresse vers le silence, l’implicite, déplaçant ainsi l’ activité et l’ intérêt du spectateur.

L’ écriture de Forces est trouée à l’ extrême.

L’ ambivalence de la parole y est quasi permanente. La vacance – d’explications, de justifications- blesse chacun des quatre personnages dans sa recherche de vérité et va favoriser de violents passages à l’acte . Cette réserve concerne aussi les circonstances et le passé de chacun. L’étrange s’invite dans la place et s’empare du temps..

C’ est la description d’ une catastrophe domestique et moderne, celle qui procède d’un rapport délité au langage puis au réel. Portrait actuel d’une femme emportée par cette déprivation dont la douleur va grandissant.

Forces est aussi un documentaire sur le pouvoir des mots et sur leur défaite à traduire des états intenses quand ils surgissent dans le quotidien. Tout se passe si vite… On n’est jamais préparé aux ruptures, la parole ne peut ni expliquer, ni défaire les mal- entendus .

Le texte emploie des mots simples, ses dialogues ne sont pas “littéraires” mais sa structure et son maillage sont savants. Ce conflit avance comme un cerveau pense, par la multiplicité instantanée des liens qui s’inventent et dissonent à la fois. Ce qui n’est pas dit va proliférant inventif comme la ronce.

C’est après avoir travaillé ce texte que nous avons construit la Cime des arbres à partir des mémorisations laissées en nous par cette histoire. En répétition chaque acteur développe un ensemble intime de scènes apocryphes, jamais écrites par l’auteur. Nous les avons collectées, fragmentées, montées, éclairées.

Quand les mots manquent tout se met à se déplacer, les images
s’ accordent autrement, les sons visionnent, les objets et la lumière endossent alors d’ autres responsabilités. “Sans les mots” des contrées intérieures et parallèles se sont révélées car la parole d’ August Stramm est un soc violent et ses dialogues comme les souvenirs-écrans d’un grand rêve tourmenté.

Puisse le public s’emparer de cette proposition de théâtre, y rencontrer des questions et y voir des possibles. Une représentation se tient au croisement de la fiction et du documentaire, le spectateur en est l’ultime assembleur et auteur.
“Que reste-t-il d’ un évènement quand il a disparu, avalé par le passé ?”

C’est une question qui hante le théâtre.

La privilégier au moyen de ce diptyque restaure un espace de découverte pour nous qui, spectateurs ou “fabricants”, vivons sure les plateaux l’ évanouissement perpétuel de tout ce qui s’y trouve assemblé.

Le théâtre, occasion précieuse de concentration, tend à participer des sciences humaines, c’est notre conviction. Il est aussi le lieu et l’heure pour chacun de revoir ses images anciennes, inaperçues et imprévisibles, elles nous trouvent si nous les acceptons.

Presse

Les Lettres Françaises

Par Diane Scott
Mai-juin 2008

Forces du Théâtre

Libération

Par rené Solis
18 mars 2008

Stramm Ombres de choc