2018-2020 / pour les siècles des siècles (exposition)

une exposition
D’un séjour en zone contaminée.
Préfecture de Fukushima.
octobre 2015 et avril 2018

Coréalisation : Théâtres du Shaman, Institut Français, La Ville de Lyon et le TNS Strasbourg

en Janvier 2019 au TNS/Strasbourg
en Mai 2019 à la Comédie de Saint-Etienne

Comme tout le monde, j’ai été surpris par ce qui est arrivé en 2011 − le tsunami et les explosions des réacteurs de la centrale nucléaire. Mais, comme beaucoup, je ne m’étais pas davantage investi sur le sujet. (…)

Une fois à Tokyo, je me suis rendu sur place. Ce que j’ai vu là-bas m’a profondément impressionné. En rencontrant des gens, en arpentant des lieux, j’apprenais beaucoup, j’allais de surprise en surprise. (…)

En 2015, devant la porte de la centrale, il y avait des flots d’autobus de travailleurs qui en sortaient ( ils sont bien plus nombreux maintenant à se succéder sur le site qu’au moment où la centrale fonctionnait).

Nous sommes allés ensuite à Tomioka, près de la Gare, en front de mer. Le village avait été rasé par le tsunami, les voitures étaient encore dans les jardins, versées sur le capot.  Je suis entré dans les magasins, un bar je me souviens il y avait encore au mur le calendrier de mars 2011… un salon de coiffure, tout était terreux, on voyait le niveau d’eau sur les tapisseries, des jouets et des vélos emmêlés, je n’avais pas de protections, ni de gants, seulement un masque et un bob, je me suis oublié, je faisais des photos, j’étais abasourdi… L’appareil m’a protégé de mes hantises, je suis resté grâce à lui.

Cet endroit représente bien le moment où le sujet m’a happé. Mais 20 mSv est moins un spectacle sur la catastrophe que sur les zones grises que sont l’avant ou l’après d’un tel événement,

Si je n’étais pas allé à Fukushima, je n’aurais pas eu autant d’étonnements mais surtout, et c’est décisif pour moi,  de sensations de réel, de véracité de cet événement. Être dans un endroit irradié ou contaminé, voir les sacs innombrables de déchets entassés sur des kilomètres, charriés, triés, scannés  par des ouvriers en combinaison…

On se pose ensuite la question de la visibilité parce qu’autour, rien n’est différent dans le paysage. Il faisait très beau. On aurait plutôt envie d’aller marcher dans les hautes herbes ou dans la forêt. Mais c’est interdit.

Il y a des zones immenses totalement condamnées− et qui sont en constante évolution en fonction de la pluie, des vents…

Quand on a un radiamètre avec soi, on voit bien que l’appareil restitue un chiffre différent toutes les vingt secondes, même parfois en restant immobile. Une brise…

Le problème avec ces données pharamineuses, c’est qu’elles conduisent à l’irreprésentable. Le nucléaire prospère et est toléré car il faut un effort considérable de représentation pour se positionner quant à lui.

(….)

De retour en France, j’ai continué à me renseigner.

Extraits d’un entretien pour le TNS avec Fanny Mentre. (XII.2018)

                      

Inventaire des tirages

Tirages 40 X 50 

NAMIE   Cimetière arasé par le tsunami à 3 km nord de la centrale de Fukushima / avril 2018

TOMIOKA   Derrière la gare. Quartier englouti par le tsunami encore non dégagé du fait de sa contamination
10 km sud de la centrale de Fukushima Dai-ichi /9 Octobre 2015. 17 :00

ITATE   Stockage de terre contaminée
40 kms nord ouest de la centrale de Fukushima Dai-Ichi / avril 2018

OKUMA   Stockage de terre contaminée près des maisons / 9 octobre 2015. 14 :00

FUTABA   Regroupement de terre contaminée.
6 kms ouest de la centrale de Fukushima Dai-ichi / / 9 octobre 2015. 14 :30

ITATE    Stockage de terre contaminée près des habitations
40 kms nord ouest de la centrale de Fukushima Dai-ichi / avril 2018

TOMIOKA  Stockage près de l’incinérateur
10 kms de la centrale de Fukushima Dai-ichi  / avril 2018

LA HAGUE  (Manche) Usine de retraitement. Près de la cantine du personnel / décembre 2015

FLAMANVILLE   (Manche) Cheminées de la centrale nucléaire de Flamanville
Elle compte 2 réacteurs en service / décembre 2016

OKUMA. YONOMORI  Lotissement condamné. 7 kms de la centrale de Fukushima Dai-ichi /avril 2018

NAMIE   Voitures de collection d’un garage abandonné.  Route nationale 6. 7 kms ouest de la centrale de Fukushima Dai-ichi / avril 2018

NAMIE  Une rue.  9 kms nord ouest de la centrale de Fukushima Dai-ichi / Avril 2018

IWAKI    Maison abandonnée bordant la Route nationale 6 Iwaki recueille beaucoup de populations déplacées du fait des événements de mars 2011.  Des tensions sociales se manifestent.  45 kms sud de la centrale de Fukushima Dai-ichi /29 avril 2018.

TOMIOKA Nouvelle digue anti tsunami en construction.. Les sacs de terre contaminée sont utilisés en soubassement. Au fond de l’image on distingue les 4 réacteurs de la centrale de Fukushima Dai-ni. 8 kms sud de la centrale de Fukushima Dai-ichi  / avril 2018

FUKUSHIMA DAI -ICHI / TEPCO   Trafic à l’entrée de la centrale de Fukushima Dai-ichi
On distingue une grue de levage utilisée sur les réacteurs endommagés / 9 octobre 2015. 15 :30

TOMIOKA  Utilisation de sacs de terre contaminée en soubassement  du chantier de la nouvelle digue anti tsunami . 8 kms sud de la centrale de Fukushima Dai-ichi /avril 2018

TOMIOKA  Centre de stockage de terre contaminée. Sacs isolés récents puis recouverts de bâche ventilée / 25 Avril 2018

TOMIOKA  Centre de stockage de terre contaminée. /25 avril 2018

TOMIOKA  Salle de classe du collège abandonné. Les affaires des élèves ont été conditionnées sur les tables / 27 avril 2018

TOMIOKA  Rivage avec sacs de terre contaminée abandonnés . Proche de la centrale de Fukushima Dai-Ni. 8 kms sud de la centrale de Fukushima Dai-Ichi /27 avril 2018

TOMIOKA   Centre de collecte des chaussures, gants et vêtements contaminés. 10 kms ouest de la centrale de Fukushima Dai-ichi / avril 2018

TOMIOKA Derrière la gare. Quartier englouti par le tsunami encore non dégagé du fait de sa contamination. Distributeurs de cigarettes et boissons à l’angle d’une rue. 8 kms sud de la centrale de Fukushima Dai-Ichi / 9 Octobre 2015. 16 :00

NAMIE  Littoral arasé par le tsunami. Monument de fortune pour une victime
Au fond la construction d’une nouvelle digue anti tsunami.4 kms nord de la centrale de Fukushima Dai-Ichi

HIROSHIMA  Elèves en sortie scolaire / avril 2009

HIROSHIMA   Les élèves en sortie scolaire se sont éloignés / avril 2009

NAMIE   Carrefour sans personne. Seuls « mouvements » : les passages piétons encore en activité. /avril 2018

TOMIOKA. Intérieur d’un restaurant proche de la gare. On distingue encore la ligne d’eau du tsunami sur le mur / 9 octobre. 17 :00

KAMAKURA. Sud de Tokyo. Devant un temple / 2006

TOKYO   Musée national / octobre 2015

IWAKI . Rivage du Pacifique. Des tétrapodes de béton de plusieurs tonnes fracassés par le tsunami. D’autres disposés pour prendre la relève. /avril 2015

Tirages 20 X 30

TOMIOKA. Intérieur d’un bar proche de la gare, tel que le tsunami l’a laissé 4 ans plus tôt /
9 octobre 2015. 17 :00

IWAKI . Laboratoire de mesures de TARACHINE. Mother’s radiation lab Fukushima
Salle de consultation des enfants / 27 avril 2018

IWAKI  Laboratoire de mesures de TARACHINE/ Mother’s radiation lab Fukushima
Salle de massages et réparation du stress pour les mères. /27 avril 2018

NAMIE . Une rue.  9 kms nord ouest de la centrale./Avril 2018

OKUMA. Ramassage des sacs de terre contaminée dans un champ . Chaque sac est muni de code barres qui le renseigne. / 9 octobre 2015. 15 :00

ITATE. Construction d’un nouveau stade dans ce village délaissé par ses habitants
(6 132 habitants le 1er mars 2011). /26 avril 2018

TOMIOKA. Front de mer près de la gare, stockage de terre contaminée. En avril 2018, il aura complètement disparu, laissant la place à la construction d’une haute digue anti tsunami. /9 octobre 2015. 16 :30

Tirages 13 X 18

NAMIE : Philippe Cousin dans un cimetière détruit par la vague ici de 15 mètres

NAMIE : Réveil matin dans une maison à l’heure du tsunami : 15 heure 37

OKUMA : Tracteur scalpant 15 centimètres de terre arable pour mise en sacs

NAHARA : Elisabeth Doll face à la borne de mesure d’un lieu de stockage

TOMIOKA : Mayalen Otondo dans un champ proche de l’incinérateur de déchets

12 Portraits

Quelques témoins rencontrés  lors du voyage préparatoire  en préfecture de Fukushima et autres personnes… Avril 2018

Keiko Yokota. Coordinatrice et traductrice des projets de Théâtres du Shaman au Japon  

Un préposé à l’entretien des bougies. Temple Senso-ji. Tokyo

Mme Yumi Shiba. « Une mère en colère » au sujet des relevés insuffisants de radioactivité réalisés à Iwaki et région.

Ikeda Minoru. Décontamineur des communes de Namie en 2014
puis de la centrale de Fukushima Dai-Ichi en 2015.

Ruiko Muto. Habitante de Miharu. Présidente du collectif des réfugiés volontaires de l’accident de Fukushima en procès avec TEPCO

Shun Kirishima. Journaliste et décontamineur. Infiltré pendant 6 mois sur le chantier de la centrale de Fukushima Dai-ichi.

Mr Chohei Sato. Ancien fonctionnaire à la mairie de Itate

Docteur Misao Hujita. Laboratoire de mesure indépendant Tarachine

Mlle Otone Shiba. Iwaki

Mme Kaori Suzuki. Directrice du Laboratoire de mesure indépendant Tarachine

Moine Hayakawa. Temple de Naraha

Mme Takahara. Elle conçoit et fabrique des mannequins qu’elle dépose dans la commune de Nahara désertée de ses habitants. Ils comblent l’absence.

8 Objets

RADIAMETRE
il nous a accompagné tout au long de notre séjour. Il nous renseignait sur la radioactivité ambiante en micro-sievert/ heure. Il doit être enveloppé d’un sac plastique que l’on change à chaque sortie de manière ne pas contaminer l’appareil.

CLOU DE CHEMIN DE FER
Ramassé près de la gare complètement  rénovée de Tomioka. Le quartier de la gare, arpenté en octobre 2015 et dévasté par le tsunami (l’océan est à 400 mètres), n’existe plus.

LIVRE ANCIEN
Acheté sur une brocante de Tokyo le 22 avril 2018.

DEUX POUPEES D’ENFANT
Achetées sur une brocante de Tokyo le 22 avril 2018

CASQUETTE ET BRASSIERES
Utilisées pour le jardinage. Achetées à Iwaki le 23 avril 2018

PORTE-VOIX en plastique bleu
Utilisé pour s’adresser à des groupes ou lors de manifestations

CARTE POSTALE
Achetée à Itate le 26 avril 2018, elle vante le plaisir de vivre dans la région

TOILE VINYLE ROSE SINTYLENE
Elle est utilisée en France lors des chantiers d’arrêts de tranche en centrales nucléaires. Elle isole les espaces de travail et entrave la contamination aérienne.