J’ai choisi l’auteur Irlandais de fait de la rigueur extrême que requiert une interprétation de ses textes et de l’économie de moyens dramatiques déployés dans l’écriture même. Ces dramaticules sont aussi rigoureux, libres et infinis qu’une suite de photographies. Ils sont du texte dramatique pour “un théâtre avant le théâtre parlant” ou “bien après”. Ils se tiennent loin du figuratif . Est-ce bien un paradoxe ? Nous ressentons à leurs contact cet essor et cette vitalité sécrétés par le monde pictural et “hors texte”.
La limpidité cruelle d’un plan d’eau provoque pour celui qui regarde un bienfait et un désastre , de même ces textes engendrent un rapport intime et ensorcellent ce que l’on pourrait appeler nos arrières pensées. Ils sont , par cela même, des textes métaphysiques. Ils traitent de la condition humaine. Mais ils sont aussi politiques et évoquent, à la façon de cruelles comptines, l’histoire du mal que les hommes se font.
Ces récits se referment la plupart du temps sur une sorte d’arrêt sur image, de rapt qu’opère l’auteur sur ses personnages, de manière à nous laisser dans une sorte de persistance textuelle émue et propice à la méditation.
Ce spectacle rassemble plusieurs dramaticules. Par leur choix et leur disposition dans l’ensemble, nous avons soin d’en manifester l’unité souterraine. Pour nous , l’un se déplie dans l’autre, l’un résonne par l’autre. Il s’agit d’unir en une partition naturelle ces mesures hétérogènes. Ce ne sont ni la beauté ni la délicatesse des pierres qui nous motivent mais la vision du collier dans son ensemble.
Il ne s’agit pas de déchiffrer ni de traduire cette matière compacte mais de trouver une juste distance pour les “laisser se dire”.



