2015/ QUELLES VIES QUOTIDIENNES APRES FUKUSHIMA ?
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2015/ QUELLES VIES QUOTIDIENNES APRES FUKUSHIMA ?

PROJET DE RECHERCHE-CREATION
« QUELLES VIES QUOTIDIENNES APRES FUKUSHIMA ? »

LYON/TOKYO SEPTEMBRE-OCTOBRE 2015



PRESENTATION DU PROJET
Quoi ?
Ce projet de recherche-création rassemble différents partenaires : côté français, l’Université de Lyon (université Lyon 2, ENSATT, ENS Lyon) et côté japonais, l’université de Tokyo. Il constitue un volet et une extension d’un échange académique et culturel autour de la thématique « Art et quotidienneté », initié en 2014 entre l’ENS Lyon/l’UDL et l’Université de Tokyo, sous la responsabilité d’Elise Domenach (MCF en études cinématographiques ENS Lyon)
Qui ?
Porteurs du projet : Bérénice Hamidi-Kim (Université Lyon 2) et Patrick De Vos (Université de Tokyo)

Participants français :

•  7 Etudiants
•  Bérénice Hamidi-Kim, enseignante-chercheuse, maîtresse de conférences en études théâtrales à l’Université Lyon 2
•  Bruno Meyssat, directeur artistique de la compagnie Théâtres du Shaman, Lyon

Participants japonais :

•  5 étudiants de l’Université de Tokyo
•  Patrick De Vos : enseignant-chercheur du département « culture et représentation » de l’Université de Tokyo
•  Toshiki Okada, directeur artistique de la compagnie Chelfitsch

Pourquoi ? Contexte
Longtemps demeurée à l’écart de la recherche-création, la France s’y ouvre désormais, depuis le rapprochement entre écoles d’art et universités, ayant abouti au développement de doctorats en recherche-création (ex : doctorat SACRe Paris Sciences et Lettres). Une convention a par ailleurs été signée entre le Ministère de la Culture et le Ministère de l’Enseignement Supérieur en juillet 2013, afin de faire de l’Université un lieu de culture. Les incitations institutionnelles sont donc réelles. Pour l’heure, les enjeux de cette approche en matière de formation, notamment l’impact des pédagogies participatives qu’elle induit et qui ont pour intérêt de ne pas séparer réflexion et action, ni savoir théorique et professionnalisation, n’ont pas été beaucoup explorés hors du cadre des thèses de doctorat. Reste à inventer le cadre collectif de la recherche-création, qui demeure pour sa part fondé sur un partage des compétences. C’est à cela que veut oeuvrer ce projet.
Comment ?
Ce projet prendra la forme de deux workshops, un à Lyon, un à Tokyo, d’un cycle de rencontres avec des chercheurs en sciences humaines et sociales, des artistes et des témoins et il donnera lieu à une restitution sous forme d’un carnet de création collectivement élaboré par les étudiants, et publié dans une revue en ligne au printemps 2016.

Partenaires :
•  Université Lyon 2 : Direction de la Médiation, de la Culture et de la Communication, Service des Relations Internationale, département Arts de la Scène, de l’Image et de l’Ecran.
•  Université de Lyon : Direction des Relations Internationales
•  ENSATT
•  Université de Tokyo : Integrated Human Sciences Program for Cultural Diversity
•  FIACRE Rhône Alpes
•  Théatres du Shaman (Lyon)

Thématique : « Quelles vies quotidiennes après Fukushima ».
•  Un projet de recherche-création : il s’agit, surmontant l’habituelle opposition entre le sensible et l’intellect, de penser la catastrophe de Fukushima, considérée comme catastrophe sanitaire, écologique et politique, et de restituer cette réflexion non pas sous la forme d’articles universitaires, mais sous forme d’un travail scénique. Ce projet tissera deux axes de questionnement, esthétique et politique.
•  Un projet de coopération art/sciences humaines et sociales, et de coopération interculturelle, entre français et japonais, pour penser un événement japonais qui est aussi un événement à l’échelle du monde, le « 11 mars 2011 » étant devenu une date symbole aussi marquante de notre début de XXIe siècle que le 11 septembre 2001.
•  Penser l’événement comme une onde de choc géographique et politique sous forme de cercles concentriques autour du site même de Fukushima : le site lui-même et sa dévastation/reconfiguration par la catastrophe, les populations immédiatement concernées – les travailleurs de la Centrale et les habitants de la région de Fukushima, les habitant des régions limitrophes et ceux du Japon. Il s’agit de rendre compte de la vie quotidienne depuis la catastrophe ou l’événement comme présence-absence, invisible mais aux effets déjà concrets sur la flore, la faune, et les humains. Comment délimiter la zone de la catastrophe, la circonscrire, quand on sait que la contamination passe par l’air et l’eau, bien peu sensibles aux frontières géopolitiques ? Mais l’événement Fukushima peut être envisagé dans tout le Japon et au-delà, au sein de la communauté internationale, comme événement clé dans le débat sur le changement climatique. Il est à noter que le projet se déroulera juste avant la COP 21 à Paris en décembre 2015, centrée sur le réchauffement climatique et qui sera l’occasion d’un débat sur la nécessité de renforcer - ou non - l’industrie nucléaire pour lutter contre le changement climatique.
•  Une catastrophe passée, présente et future : penser l’événement, c’est d’abord l’envisager dans son immédiateté, dans notre présent. Mais c’est aussi voir en quoi cet événement en rejoue d’autres dans nos imaginaires collectifs, qui ont été marquants à l’échelle du Japon, de l’Europe et du monde : Hiroshima et Nagasaki bien sûr, mais aussi, plus près de nous dans le temps, Tchernobyl.


Cette démultiplication des temporalités vise à articuler les deux questions, esthétique et politique. D’abord, la question esthétique, somme toute classique, de la figuration de la catastrophe, en l’occurrence de la catastrophe nucléaire. Deux sous-axes seront travaillés, correspondant à deux temporalités : d’abord celui du présent de la catastrophe nucléaire et du problème de cadrage qu’il pose, entre représentation de l’infiniment grand du champignon atomique, et de l’infiniment petit du noyau de l’atome ou des cellules modifiées par l’irradiation. Ensuite celui de la figuration des réfractions ultérieures dans la vie quotidienne – c’est à cela que se sont déjà attachés dans leurs spectacles les deux artistes participant au projet, le metteur en scène français, Bruno Meyssat, auteur du spectacle Observer, et le metteur en scène japonais Toshiki Okada, auteur de Current Location et de Ground and Floor. Mais le projet entend aussi poser une autre question, inversant le rapport entre arts et sciences, et interroger la capacité de l’art à pré-figurer le futur pour mieux le construire, ou du moins infléchir le tracé projeté entre le présent et un futur anticipé et jugé problématique. Travaillant les formes de l’utopie et de la dystopie, artistes, étudiants et chercheurs imagineront/rêveront/cauchemarderont ensemble à ce à quoi pourrait ressembler la vie quotidienne du fait des changements écologiques radicaux en cours (auxquels contribue le nucléaire).


PROGRAMME
Programme de la semaine lyonnaise : 25 septembre-3 octobre
Arrivée
24 septembre : arrivée à Lyon
25 septembre : participation à la journée de recherche organisée par Elise Domenach à l’ENS Lyon (programme p. 6)
26-27 septembre : week-end à Lyon : programme provisoire :
Samedi : découverte du Vieux-Lyon et de la presqu’île/soir 20h, théâtre du Point du Jour : spectacle d’Yves-Noël Genod
Dimanche : Biennale d’art contemporain (MAC), Parc de la tête d’or/16h : spectacle de cirque contemporain Acrobates, Théâtre des Ateliers/TNG
Workshop
28 septembre-2 octobre : Le workshop avec Bruno Meyssat du 28 septembre au 2 octobre à l’ENSATT. Horaires : 10h-12h30/14h-18h
Rencontres
28 septembre-3 octobre : Cycle de rencontres autour de la catastrophe de Fukushima (cinéma et théâtre). Lieu : ENSATT. Horaires : 18h30-20h30
•  Lundi 28 septembre : projection-discussion autour du documentaire Blessures atomiques de Marc Petitjean, animée par Bruno Meyssat
•  Mardi 29 septembre : Marie Augendre (géographie, université Lyon 2) et Kurumi Sugita (CNRS, anthropologie sociale, retraitée), présentation du projet DILEM : « Déplacés et Indécis Laissés à Eux-Mêmes depuis l’accident de Fukushima ».
•  Mercredi 30 septembre : Philippe Pelletier (géographie, université Lyon 2) « De Hiroshima à Fukushima, histoire et géopolitique du nucléaire au Japon ».
•  Jeudi 1er octobre : Philippe Malone (auteur), autour de sa pièce Blast.
•  Vendredi 2 octobre : Chiharu Chujo (littérature comparée, université Lyon 3), « Des Formes de participation chez les musiciens japonais après Fukushima ».
•  Samedi 3 octobre (09h30-13h) :
09h30-11h Sophie Houdart, (anthropologie, CNRS), « Fukushima, capsule temporelle »
11h30-13h : Yoann Moreau (anthropologie, EHESS), « Fukushima, une catastrophe pour la notion de catastrophe ».
Départ de l’équipe japonaise : Le 04 octobre
Programme de la semaine à Tokyo : 08-18 octobre (arrivée le 09 départ le 19)
Arrivée
09 octobre : arrivée à Tokyo
10-11 octobre : week-end sur place (programme élaboré collectivement lors de la semaine lyonnaise)
Workshop
12-16 octobre : Workshop avec Toshiki Okada du 12 au 16 octobre, 16h45-20h
17 octobre 10h-13h : Worskhop conclusif avec Bruno Meyssat
Traduction : Keiko Yokota
Rencontres
•  14 octobre 10h-11h30 : rencontre avec Chiaki Soma, directrice et programmatrice de différents festivals
•  15 octobre 14h50-16h40 : conférence de Bérénice Hamidi-Kim sur le théâtre politique en France
•  16 octobre 10h-13h : rencontre de recherche animée par Elise Domenach (voir programme p. 6.)

Portfolio


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